4. Les zones et les sites de forge

Pour certaines régions françaises ayant bénéficié de programmes de recherches systématiques, il est aujourd’hui possible d’identifier des zones de petite métallurgie de transformation.

Tel est p. ex. le cas pour le Haut-Auxois avec une dizaine d’ateliers insérés dans le tissu urbain d’Alésia et quarante-cinq ateliers dispercés dans les campagnes périphériques (Mangin et alii-à paraître) ainsi que pour le finage dolois dans le Jura avec une trentaine d’ateliers liés à des villae romaines (Laurent et alii 1994).

Cependant l’interprétation de ces concentrations régionales est encore loin d’être claire (Mangin 1996, 183): ces concentrations sont-elles simplement dues aux inégalités de l’état des recherches ou bien correspondent-elles vraiment à des zones dans lesquelles les activités de transformation furent particulièrement intenses et dépassaient les besoins propresde la population ?

L’état très disparate de la recherche pour les différentes régions de la Gaule du Nord et de la Rhénanie interdit encore toute généralisation des résultats obtenus à une échelle micro-régionale. Ainsi est-il seulement possible à l’heure actuelle de donner quelques chiffres: des prospections systématiques effectuées ces dernières années dans le Sud du Luxembourg ont permis de répertorier une cinquantaine de sites d’habitat rural gallo-romains ayant livré des scories de fer, ce qui correspond à environ 50 % des établissements ruraux connus. Les analyses sont encore en cours, mais à première vue il semble s’agir presque exclusivement de scories provenant des étapes postérieures à la réduction. Un seul site de villa gallo-romaine a également livré des indices pour la présence de fours de réduction.