5.2. Les étapes de la transformation: épuration et forge
Les activités postérieures à la réduction, du cinglage au forgage dobjets finis, sont moins bien connues. Ce constat contraste à première vue avec le nombre considérable dateliers liés à ces activités qui sont connus en Gaule à lheure actuelle. Lexplication de cette contradiction apparente réside dans le fait que très peu de ces ateliers ont jusquà présent fait lobjet de fouilles exhaustives, moins nombreux encore sont ceux à avoir été étudiés depuis la mise au point très récente de méthodes plus appropriées (Fluzin et alii 1995, Dunikowski et alii 1996 et 1998).
Pour dautres régions de la Gaule, mis à part les sites déjà mentionnés dOulches (Dieudonné-Glad 1993) et des Martys (Domergue 1993), qui ont livré à côté des bas-fourneaux de réduction également des foyers utilisés pour lépuration, il y a lieu de relever, pour ce qui en est des sites ruraux, létude de la forge de la villa de Selongey en Bourgogne (Faivre, Forrières, à paraître), de même que celles consacrées aux forges des campagnes dAlésia (Mangin et alii-à paraître) et au village gallo-romain de Blessey (Mangin et alii 1999).
La recherche actuelle dans le domaine des activités de post-réduction poursuit un double but: il sagit dune part de caractériser clairement les différents vestiges (structures archéologiques et déchets) sur le terrain afin darriver à une meilleure comprehension de lorganisation spatiale et du fonctionnement des ateliers de transformation, dautre part de définir la ou les étapes de la chaîne opératoire qui y avaient lieu(Serneels 1998, communication de N. Diedonné-Glad dans ce volume): épuration et forgage ou seulement confection dobjets à partir de métal pur importé sous forme de lingots (Crew 1994, Crew 1994a et Doswald 1994) de zones de production primaire plus ou moins éloignées.
En ce qui concerne les régions étudiées dans le cadre de cette contribution, force est malheureusement de constater quun nombre très restraint seulement dateliers de transformation ont jusquà présent bénéficié de travaux récents:
Rémilly-Petite-Fin(102) (voir fig. 2): Cet atelier incomplètement fouillé et dont on ignore l'environnement a livré un ensemble de 22 fosses rectangulaires à parois verticales et fonds plats rubéfiés. Elles sont disposées en deux groupes aligés et perpendiculaires. Les dimensions de ces fosses sont assez voisinnes (1,5 à 2 m de longueur, 0,8 à 1 m de largeur), seules deux dépassent ces dimensions ( 2,5 sur 1 m et 3,5 sur 2 m). Deux de ces structures contenaient dans leur comblement plusieurs dizaines de kg de scories assez fragmentées, manifestement en position secondaire. Aucune trace de battiture n'a pu être relevée mais les scories ont aussi livré des résidus de métal sous forme de petits blocs aux surfaces corrodées.
Semécourt(107): Sur une surface de 2000 m2 ont été découvertes six fosses rectangulaires rubéfiées, mesurant en moyenne 1 sur 0,5 m avec une profondeur de 5 à 20 cm, ainsi que deux petits foyers circulaires (20 à 25 cm de diamètre) très peu rubéfiés, ayant la forme de cuvettes peu profondes creusées dans le sol. Tous ces foyers sont dispercés sans organisation apparente sur l'aire occupée. Des scories ont été découvertes autour des foyers et dans les remblais du sol d'un bâtiment sur poteaux et sablières construit au IIIe siècle. A noter l'absence de battitures de fer conservées.
Lanay-voie dEmael(47) (voir fig. 3): La fouille a livré la partie nord dun bâtiment rectangulaire mesurant 13 m sur 9,10 m, sous-divisé en deux nefs par une rangée de quatre piliers, et comportant un certain nombre de structures liées à l'activité métallurgique: