7. Conclusion

Avant de tenter de dégager de notre étude des vestiges sidérurgiques de l’époque romaine connus en Gaule du Nord et en Rhénanie des conclusions plus générales, il convient de souligner les dangers inhérants à une telle entreprise. En effet, à l’état actuel de nos connaissances, les inconnues qui subsistent sont nombreuses:

Malgré cela il semble possible de proposer ici, comme autant d’hypothèses à être vérifiées par les recherches futures, quelques conclusions provisoires:

Les activités de réduction et de post-réduction sont attestées en Gaule du Nord et en Rhénanie pendant la période romaine aussi bien sur des villae que dans les agglomérations secondaires et les centres urbains. Mais la production de fer brut, même là où elle semble particulièrement intense, ne dépasse jamais en envergure ce que nous connaissons des zones sidérurgiques de faible importance connues dans d’autres parties de la Gaule. Si l’on fait abstraction des sites du plateau du Hürtgen, encore trop mal connus pour pouvoir en juger, et de la zone de Eisenberg, il s’agit d’une production réduite en termes de quantités et diffuse dans l’espace aussi bien que dans le temps.

Il ne fait pas de doute qu’à aucun moment de la période romaine cette production de fer n’a pu satisfaire la demande cumulée des populations rurales et urbaines, sans parler de celle émanant de la frontière militaire du Rhin. La région que nous avons pu étudier dans le cadre de cette contribution est par conséquent restée pour une large part tributaire d’importations de fer (Sablayrolles 1989; Cleere 1995).

Le rôle des villae de la Gaule du Nord et de la Rhénanie dans la réduction et la transformation du fer est plus limité qu’on a parfois pu le croire dans le passé. Pour l’instant, rien ne permet de dire qu’entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère, la réduction de fer ou des activités de transformation du fer aient constitué pour les villae de ces régions une activité continue et économiquement importante voire prédominante, dépassant en tout cas des besoins ponctuels et extraordinaires comme p. ex. ceux liés à des activités de construction de grande envergure.

Un grand nombre d’installations de réduction respectivement d’ateliers de transformation en relation avec des villae appartiennent à des phases tardives de ces établissements et très souvent ces structures participent à une réaffectation totale ou partielle d’anciens bâtiments d’habitation à de nouvelles fonctions économiques. Avec toute la prudence qui s’impose, cette observation peut être mise en relation avec un modèle recemment proposé pour la Gaule de l’Est (Mangin et allii 1995, 78 et 80s.) et qui oppose, en matière de production sidérurgique: