IV. Les enjeux méthodologiques

Les résultats des premières analyses plus poussées sur le matériel en provenance d’aires de crémations ou de fosses à cendres appellent quelques remarques finales sur les enseignements méthodologiques à tirer de l’analyse de ce type de structures et qui sont à situer sur deux plans.

D’une part, grâce à l'étude comparative du matériel de l'ustrinum et des tombes, il est possible de différencier au moins deux étapes distinctes du processus funéraire: la crémation (marquée dans le cas de Septfontaines par des rites faisant intervenir principalement des offrandes alimentaires) et l'enterrement proprement dit du défunt (pour lequel nous saisissons à Septfontaines des rites faisant intervenir avant tout des offrandes liquides).

D'autre part, le résultat de l'analyse fonctionnelle confirme ce qui a déjà été dit plus haut sur les dangers d'une interprétation trop poussée des seuls mobiliers de tombes. Les objets trouvés dans les tombes ne représentent qu'un échantillon très partiel de l’ensemble des objets utilisés au cours du processus funéraire, échantillon dont a priori rien ne nous garantit le caractère représentatif. Il est important de souligner que cette constatation vaut non seulement pour la qualité, mais aussi pour la fonction des objets.

Aussi longtemps que nos connaissances sur les étapes du processus funéraire autres que la mise en terre proprement dite restent pour ainsi dire inexistantes, des comparaisons interrégionales basées sur les seuls inventaires de tombes sont très difficiles à justifier du point de vue méthodologique La même constatation vaut a fortiori pour des conclusions d’ordre sociologique ou économique basées sur de telles comparaisons surtout si elles sont basées sur des arguments a silentio, c.-à-d. sur l’absence de certaines catégories d’objets dans les inventaires des tombes.