CONCLUSIONS
La présentation de
l'état de la recherche et de la base documentaire disponible pour
l'étude des établissementes ruraux au Bas-Empire a
révélé des disparités considérables entre
les différents pays qui se partagent aujourd'hui la partie ocidentale de
la cité des Trévires. Au terme de cette étude, il est
néanmoins possible de dégager une série de conclusions
générales relatives à l'évolution de l'habitat
rural et de l'occupation du sol dans cette partie de la cité
trévire durant l'Antiquité tardive
- Si les destructions
liées aux crises de la deuxième moitié du IIIe sont bien
attestées dans toute la région, il serait abusif de les
généraliser. Le phénomène des destructions touche
l'ensemble du territoire couvert par notre étude, mais de façon
très inégale. Le taux de survie des sites ruraux entre le IIIe et
le IVe siècle, variable d'une micro-région étudiée
à l'autre, confirme cette vue. Le fait que trois quarts au moins des
établissements datables continuent à être occupés au
IVe siècle met en garde contre toute exagération des effets de la
crise du IIIe siècle .
- L'étude chronologique
de l'occupation du sol montre bien que le processus d'abandon des sites ruraux
se poursuit tout au long du IVe siècle, mais avec une intensité
variable suivant la période. Cette réduction progressive du
nombre des établissements ruraux au courant du IVe siècle semble
aller de pair avec un repliement de l'habitat rural vers certaines parties
particulièrement favorisées du territoire étudié.
L'importance de ce phénomène est cependant encore difficile
à saisir en raison de la qualité inégale de la
documentation disponible pour les différentes régions.
- Du point de vue de
l'évolution de l'habitat rural, la première moitié du IVe
siècle apparaît comme une période de reprise et de
prospérité relative de l'espace rural. Quelques
établissements ruraux seulement sont abandonnés dans les
premières décennies du siècle. Pour la même
période, un nombre appréciable de sites ont livré des
indices de travaux de reconstruction et de transformation. Jusqu'au milieu du
siècle, les attestations de reconstructions et de réparations
soignées restent largement majoritaires, face aux aménagements
sommaires. Souvent ces travaux vont même dans le sens d'un agrandissement
ou d'une amélioration de l'infrastructure héritée du
Haut-Empire.
- La deuxième
moitié du IVe siècle voit par contre se multiplier les indices
d'une déchéance de la nature de l'occupation rurale. Des
restaurations sommaires attestent l'appauvrissement d'un grand nombre de sites;
de plus en plus souvent fonctions économiques et habitat se juxtaposent
au sein des mêmes bâtiments. Les séries monétaires
disponibles permettent de dire que le processus d'abandon de l'habitat rural se
poursuit tout au long de la deuxième moitié du IVe siècle.
Moins d'un tiers seulement des sites ruraux occupés au début du
IVe siècle le sont encore à la fin de celui-ci et la presque
totalité des établissements ruraux semblent être
définitivement abandonnés dans les premières
décennies du Ve siècle.